jeudi 30 mai 2013

Galopin reprend du service

Après 15 jours de marche nous avons retrouvé Galopin en pleine forme à St Jean de Duras chez Anne et Bernard.
Il nous a reconnus avec un peu de surprise, et nous lui avons laissé un jour de réflexion avant de lui proposer de reprendre la route.
Nous avons donc quitté la Dordogne, pour entrer dans l'Entre-deux-mers.
Après deux jours, je constate que la faiblesse du sabot antérieur droit est toujours présente et nécessite de la résine. Je pourrai m'y mettre dès qu'il fera sec, et que l'étape sera courte, soit dimanche.
Cela conforte notre décision de ne pas poursuivre avec Galopin en Espagne. D'autant plus que bien que le sac léger fatigue moins, notre forme physique se dégrade.
Madeleine a attrapé une tendinite au  pied, notre appareil photo a rendu l’âme et mes chaussures sont KO. Mais le beau temps est enfin de la partie.
Déjà, nous sommes entré dans les Landes avec un Ravel magnifique de 30 km et nous dirigeons vers Mont de Marsan.
Merci à Anne et Bernard, Nelly, Bernadette et Serge, Virginie et Hervé, Noémie, et enfin Martine.







  




dimanche 26 mai 2013

vendredi 24 mai 2013

Le Périgord

Depuis La Coquille nous sommes entrés dans le Périgord vert avec sa truffe et ses vergers de noyers. Ensuite ce fut Périgueux avec sa remarquable cathédrale byzantine St Front et ses vieux quartiers roman et renaissance. Nous avons logé dans nos deux premiers refuges pèlerins avec hospitaliers qui assurent l'intendance. Ces bénévoles viennent de différents horizons et logent sur place pour un terme de 15 jours. Depuis nous descendons vers Bergerac par une nouvelle voie jacquaire qui suit un GR et qui nous rapproche de la famille et de Galopin. Le parcours est très beau mais aussi très vallonné et le soir nous sommes sur les genoux. Malgré un temps toujours frais, nous avons entendus les premiers grillons et les châtaigniers sont apparus avant de retrouver les vignes (Pécharmant) que nous avions délaissées en Bourgogne.
Dimanche 26 nous serons au sud de Bergerac, dans le Périgord rouge, à Saussignac.
Merci à Brigitte et Étienne, Jean-Luc et Hophra, Louise et Guy, Juliette et Jean-Louis, Valérie, Gilles et leur fille Madeleine.


  

  

 

Un peu d'humour

Un pélerin arrive fatigué au refuge et déclare à l'hospitalier: "je ne sens plus mes pieds!"
Celui-ci lui répond: "ne t'en fais pas, tu vas pouvoir sentir ceux des autres."

samedi 18 mai 2013

Les signes du chemin


Quand on cherche son chemin, il faut bien savoir par où on veut aller.
En effet, il existe divers chemins de St Jacques. Chaque guide ou certains départements ont leur idée du meilleur parcours et les balisages sont divers.
Certains pèlerins préfèrent le charme du GR 654, plus long mais plus bucolique que les départementales.
Les divers parcours se recoupent souvent, et il faut être attentif car les symboles sont très similaires  (sauf les GR) et parfois contradictoires. La tendance semble être (sauf en Périgord) une diminution de la distance au détriment de l' agrément, comme si le plus important était d'arriver. Il faut reconnaitre que les étapes sur le chemin de Vézelay sont parfois longues pour les moins sportifs du fait de la moins grande quantité de logements pour pèlerin. En Périgord, la signalisation est enfin européenne
c.à.d. avec la coquille stylisée.














de Benevent à La Coquille



Après 4 jours de repos à Limoges et avoir rejoint Bénévent pour le transfert de Galopin à St Jean de Duras (Lot et Garonne), nous sommes reparti avec sac au dos à travers les monts d'Ambazac vers Limoges. Le portage s' avère plus dur et j'élimine encore trois kgs par la poste.Madeleine acquiert, de retour à Limoges, un nouveau sac plus adapté et nous poursuivons pour rejoindre Galopin, qui se la coule douce, pendant encore une dizaine de jours. Il nous faut retrouver une nouvelle forme et c'est une expérience nouvelle pour Madeleine qui n' avait pas pensé devoir jamais porter une telle charge.
Maintenant que nous avons décidé que Galopin n'irait pas en Espagne, il nous faut envisager un autre moyen d'y transporter nos affaires.
Nous avons quitté la Creuse à St Léonard  de Noblat (superbe collégiale romane) pour, après avoir passé Limoges entrer bientôt dans le Périgord à La Coquille.
Merci à Françoise, Évelyne, Brigitte et Étienne et bon vent à Gabrielle et Astrid.


  




" Camino assistance"

Le chemin n'étant pas un voyage organisé, mais bien une aventure avec ses surprises bonnes ou mauvaises, tout pèlerin est confronté à un moment ou un autre à un obstacle important : pieds trop endoloris, équipement mal adapté, chaussures qui lâchent, ou sabots d' âne trop usés ...
A chaque fois, nous sommes tous étonnés du soutien imprévu sur le chemin : l'un s'est vu conduire chez le médecin, l'autre à un magasin de chaussures ...
Quand à nous, nous nous sommes retrouvés par hasard avec Galopin devant la maison de Thérèse et Yves, un couple super généreux qui loue des ânes pour de courtes randonnées et qui, de plus, ont un gite pèlerin.
Notre cousine Mireille qui devait s'absenter, a finalement pu venir nous chercher et nous héberger 4 jours, le temps de transférer Galopin et de faire le point.
Qui dit que la Providence n'existe pas ?

Madeleine

vendredi 17 mai 2013

Madeleine et Philippe reprennent la route sans Galopin

Depuis mardi, Madeleine et Philippe ont repris la route sans Galopin à partir de Bénévent-l'Abbaye. Voici les premières photos de cette nouvelle étape dans leur périple qui nous sont envoyées par Yves et Thérèse. Visiblement nos pèlerins sont en pleine forme et bien entourés.





dimanche 12 mai 2013

Du vrai courage

Les gens nous disent souvent : " vous avez bien du courage".
Marcher 20 km chaque jour quand on aime marcher vers un but, ne requiert pas du courage, mais de la forme physique. Ce qui demande du courage, c'est de continuer malgré les difficultés ou plutôt avec les difficultés. Les accepter et continuer à faire confiance, ce n'est pour moi pas évident tous les jours.
Quand il n'y a pas de solution, il ne faut pas avoir honte de n'avoir pu surmonter le problème. Faire le chemin en une fois était notre projet, mais sans Galopin, nous pensions que nous ne pouvions continuer.
Nous nous sommes donc arrêté à Bénévent l'Abbaye, près de Limoges.
Il a besoin de repos et nos quelques jours de break à Limoges vont nous permettre de redémarrer.
Sur le chemin, la devise est "ultreia", jusqu'au bout, on n'abandonne jamais (sans problème physique important).
Le vrai courage ne serait pas plutôt d'accepter la situation et de rebondir.
Nous continuerons donc pendant ces quinze prochains jours sans Galopin, mais avec sacs à dos.
Merci à Nicolas pour son éclairage amical.

De Gargilesse à Limoges

La Creuse est vraiment une région enchantée : des bocages, des prairies et un vallonnement qui porte le regard toujours plus loin sans jamais tout dévoiler.
Malheureusement Galopin a besoin de repos et il est confié à Yves pour quelques jours, le temps d'arranger son transfert vers Bergerac où il prendra quelques semaines de congés.
Nous en profitons pour nous reposer quelques jours à Limoges.
Merci à Yves et Thérèse, Bernie2, Mireille, Marjorie et Christophe, Marie-Thérèse et Pierre, Alice, Claire et Michel pour leur accueil chaleureux.
Il me faut ici rappeler le dévouement de  toutes ces personnes qui consacrent une partie plus ou moins importante de leur temps à l' accueil à domicile des pèlerins  sans but commercial,  par conviction religieuse ou par volonté de rendre ce qu'eux mêmes ont reçu sur le chemin. Certaines communes ont ouvert des gîtes pour pèlerins avec parfois tout l'approvisionnement pour le repas du soir et c'est très appréciable. Par ailleurs, le chemin de St Jacques c'est aussi un business pour satisfaire tous les randonneurs d'une semaine qui recherchent plus de confort procuré par les chambres d'hôtes.
Nous avons eu le plaisir de croiser le chemin de Pascal, Hendrik, Peter, Isabelle, Frank,  Guy, Layla, Kevin, Claude, Roger et Yves, Françoise et Anne.
Cela donna lieu à des soirées mémorables, parfois plus tard à des retrouvailles et des petits mots dans les boites à messages pour ceux qui suivent.
Buen camino.

lundi 6 mai 2013

De Bourges à Gargilesse

Au départ de Bourges, Galopin boite légèrement : retour au couvent pour trouver un maréchal ferrant, sans succès.
Je tente une réparation de pied de fortune et dimanche nous repartons, mais il boite toujours. Lundi nous partons sans bagages vers Issoudun et trouvons un vétérinaire belge qui lui donne des anti-inflammatoires.
C'est une sérieuse préoccupation, car la santé de Galopin conditionne notre projet.
Le Cher (Berry) ne nous a pas charmé, car beaucoup de bitume et des bagarres entre associations rendent le pèlerin perplexe : balisage contradictoire et pas conforme au guide. Les tracés alternatifs de type GR sont trop longs et les logements pèlerins peu présents. Finalement nous faisons trois étapes sans charge pour Galopin et nous nous séparons du matériel de camping jusqu'à Limoges. Galopin nous fait sa tête de mule : un refus de passage de pont et un de gué. Enfin nous arrivons sous le soleil radieux à Gargilesse, village superbe.

vendredi 3 mai 2013

Les aléas du chemin

Après 7 semaines de marche, je voudrais vous partager les difficultés que nous avons rencontrées. Le premier n'était pas tant le froid, car en marchant on se réchauffe, mais l'état du sol : congères, boue, passages étroits, et le vent debout.
Les pieds ne supportent aucun à peu près, et demandent une attention et des soins journaliers. Cela m'a demandé 3 semaines de mise au point. Le port du sac même léger ( 4-5 kg ) peut occasionner des douleurs lombaires ou rhumatismales et nous avons essayé diverses méthodes pour s'en défaire, mais cela reste à améliorer.
Nous avons emporté une tente pour palier aux aléas du logement mais comme il faisait trop froid, nous ne l'avons utilisé qu'une fois sur les 600 premiers km.
La fatigue physique se gère en ne forçant pas les limites, c' est pourquoi nous ne marchons pas plus d'une vingtaine de km.
Le découragement est le pire ennemi du pèlerin, car les difficultés répétitives usent le moral.
Plus nous descendons vers le sud, moins il nous semble que les mairies sont accueillantes pour les pèlerins et il faut parlementer pour obtenir l'accès à un local ou un vestiaire de foot. Extrait du journal: "Galopin tiendra-t-il ? Ces derniers jours, il marche moins bien.
J'espère que la remise à forme des sabots lui redonnera du punch".
En fait, ses sabots ne s'arrangent pas et nous envisageons de lui donner un bon congé. Cela demandera de changer notre fusil d'épaule... La solution aux problèmes vient souvent de la providence, le tout est d'essayer de rester positif. Nous recevons souvent de l'information en bavardant avec les passants ; il nous reste à tenter notre chance. Nous saisissons aussi toutes les opportunités : coin pic-nic plus choisis en fonction des potentialités (assises, herbe, sécurité pour Galopin) que de l'estomac.
Il y a aussi des difficultés de communication pour organiser l'étape suivante à une distance raisonable. J'ai opté pour un téléphone français, mais les unités volent et il est rare de pouvoir passer par Skype. Le WiFi, quand il y en a, est souvent faible, de même que le réseau mobile.
Tout cela fait que il nous faut vivre au jour le jour...